La couleur acre

Je sens la peur qui te dévore  comme une rivale avide.

Si tu la combattais au lieu de t’y blottir, je saurais la dresser

Laisse moi tenir la laisse de ta folie. Elle a l’air sage ce soir quand je la promène.

– Tu crois qu’elle m’aime ? – Mais oui, toutes les chiennes aiment leurs chaines.

Je te vois compter les jours avant l’automne et les minutes du premier moment

Ou tu m’oublieras après mon départ. Et c’est de plus en plus court,

Le jour se rapproche ou nous perdrons racine. Tout s’envole mon amour

Comme ton rire qui éclate, celui qui semble appeler à l’aide.

Qui comme tout de toi arrive à m’émouvoir, aventurière de mon rêve familier

Au décor couleur ocre, au gout salé  jusque dans les veines.

Le crépis blesse la main qui s’attarde et trop de sel peut tuer.

Fais attention mon amour à l’été meurtrier qui attaque nos terres.

Tu t’assieds en ouvrant des cils et des rivières

Et tu te baignes dans le son de mes voeux qui t’appellent.

Je te parle du temps ou tu perdais tes repères pour me suivre sans résistance.

Nonchalante, les  choses sans importance coulaient sur toi.

Pendant que je courais après la prétention timide de mes espérances,

Tu entrais dans la chance, tu vivais en différence des autres

Qui adorent des rats demi-dieux et prient la peur de lâcher son emprise,

Ces proies prises et soumises aux ordres d’ordinateurs.

Mais ce soir,déchantant doucement des contines, tu tends la main pour éteindre

La veilleuse qui brulait dans tes rêves. Pourquoi se vouloir amoureuse,

Si  les danseuses en coquelicots naissent pour décliner sur la terre courbée.

Par crainte des extrémités,tu t’évades errante te mettre à l’abri de la vie.

Un sourire feint  montre son ombre entre ces mondes ou je voudrais me perdre.

Tes lèvres bleues sous des yeux rouges comme un soleil qui meurt,

Sombrant de sa brûlure parce qu’il a trop brillé. C’est l’apocalypse et le voile

Est levé. Oui, je sais que tu viens pour fuir, mais même si ça nous déchire,

Une dernière fois rejoins moi cette nuit (après tu pourras partir)

Pour faire ce qu’on murmure, me faire dire ces mots

Qui n’ont pas plus de sens que ta vie, que ma vie, que la vie.

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  1. mai 19, 2011 à 7:16

    whouah, très beau !

    Touchée, en plein coeur…

  2. mai 27, 2011 à 8:33

    Quand la poèsie habille notre coeur d’une aussi belle chamade ! Bien à vous !

  3. Romain
    mars 15, 2012 à 11:12

    joli blog

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