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Archive for the ‘Histoires d'Elle déployées’ Category

L’infamilière

mai 20, 2012 1 commentaire

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Je te parle parce que j’ai peur du vide

Parler comme on contrôle, tour de passe-passe ou se cacher

Silence est nudité et que veux-tu, je suis pudique

C’est une vieille habitude de construire des barrières, des syllabes boucliers,

Des mots à débiter, des vies en boucles anciennes encerclées de fossés

On ne se laisse pas si facilement connaitre,

Mais le son de ta voix répondant à la mienne

M’appelle comme un lieu à l’accent familier

Ou tu m’inviterais toujours plus près de toi

 

Je te parle parce que j’ai peur du noir

Tu me regardes amante, et tout mon sang s’arrête pour partir dans ton sens

Nul ne sait mieux que toi ce qui me ronge et manque, qui avant m’habitait

C’est que tu l’as volée, l’indifférence,

Quand je t’ai invitée dans cette nuit prise de vitesse

Mon ogresse d’orage, avide de partage je te donnais ma vie

Et toi tu voulais plus

Tu veux l’éternité d’être de passage, tu me prends mes pensées

Tu t’immisces dans mes mots, tu es le corps de ce texte.

Tu ne crois qu’à ce qui reste, ce qui laisse des traces

La mémoire est un rêve et les rêves, dis-tu, c’est pour les enfants

Et tu ris, tu ris d’un rire insatiable qui mord la vie

Et réveille mon monde en dévorant la nuit.

 

(work in progress)

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A bras ouverts

août 17, 2011 1 commentaire

J’ouvre les bras
Vers toi et l’avenir en abime m’enchante et me déroute
Des sirènes en volutes dessinées tracent dans l’air la voie vers ta bouche
Dans l’obscurité la falaise semble moins dangereuse, voilant la peur de tomber         Amoureuse

J’ouvre les bras
Immobile je te mets au défi de répondre à mes questions incessantes et stupides
Crois tu qu’il y a un monde ou si je les bougeais très très très vite je me mettrai à voler
Ou si je suis clouée ici comme un oiseau tombé du nid dans le réel impossible

J’ouvre les bras
Sous le sourire il y a la peur qu’on ne montre plus depuis qu’on est grand
J’ai oublié ce qu’il y avait avant, c’était il y a très longtemps.
J’ai réinventé mon enfance, ses monstres avaient la forme du vide

J’ouvre les bras
Et j’essaie de me rappeler. Tu sais ce que ca veut dire “mélancolie” ?
Je crois que je l’ai lu, un jour, quelque part, mais je ne me souviens plus vraiment
Parfois, c’est bizarre, il y a des mots ou je perds la mémoire

J’ouvre les bras
Tu sais, tout a l’heure maman a laissé un message, elle voulait savoir si j’avais posté
La lettre, si je toussais toujours. Et me dire qu’elle m’aimait.
Enfin, ça, c’est ce que j’ai cru entendre dans les silences.

J’ouvre les bras
En fermant mes paupières, prisonnière derrière des barrières qui ne tiennent qu’à un cil
Captive de tes prières quand ton désir vient souffler sur ma nuque. Offre à saisir.
Le soleil de minuit frappe mais n’efface pas l’ombre que je porte.
C’est mon essence propre. J’y tiens autant qu’elle t’échappe.

J’ouvre les bras
Tu me prends les poignets et t’étonnes du rire qui bat sous les veines
Mappemondes, profondes comme l’eau des fleuves qui se sont mêlés à la mer
Au rythme d’hymne de vie qui tourbillonne, ivre comme un kaléidoscope

J’ouvre les bras
Ton élue a la couronne de ronces, la femme qui dénature la pudeur enfantine
Et ta peau qui transpire prend le dessin timide de petites formes écloses
Ressemblant à ces perles qui trahissent la rose percée par ses épines

J’ouvre les bras
Et la main sur mon sein tu murmures « tu es belle » à mon arrogance
Me voudrais-tu autant si tu m’avais vu pleurer la vie, fierté à terre
Les mains dans l’amer et la poussière. Dans l’ombre d’un doute,                                                   Serai-je encore ta putain de victoire ?

J’ouvre les bras
C’est un salut de bienvenue, ou un adieu dans un sourire
Tu sais, moi-même j’ignore ce que mes mains veulent vraiment dire
Et avant que tu m’en parles, je ne savais pas que j’avais les yeux tristes

Les fleurs du salon

août 1, 2010 1 commentaire

Il s’assit sur le canapé, le verre de jus d’orange qu’elle venait de lui tendre a la main, un peu gené de cette marque d’attention avec ce qu’il avait à lui dire. Il remarqua les fleurs posées sur la table derrière elle et de demanda si elle les avait acheté pour une occasion particulière. Ou on lui avait offert. Peut-etre un amoureux. Et pour éviter de penser à l’inévitable celui-d’après, il décida de commencer.

« Assieds-toi. je voudrai te parler »

Il détestait ces formules cents fois employées, mais il n’avait pas le courage de se lancer sans introduction, avec son sourire a elle sur son visage, qui l’aurait regardé avec confiance. Il fallait qu’elle arrête de sourire. Qu’elle ne le regarde pas comme ça, il n’y arriverait pas avec ce regard-la sur lui, cette innocence qui lui avait tant plue. Il ne voulait pas y toucher à cette part de candeur, il ne voulait pas être celui qui allait la faire grandir trop vite. Elle avait dans ses gestes parfois encore un peu de la grace de l’enfance, quand elle chassait une meche de cheveux sur son visage. Sa maniere de froncer le front quand elle ne comprenait pas quelque chose ou dont tout son visage s’illuminait quand une joie la prenait par surprise, sans chercher encore a cacher ses sentiments comme des failles. Parfois, il arrêtait ses gestes et son activité, juste pour le regarder, de l’ovale aux détails, comme la petite cicatrice sur le coin du menton. Vestige d’une chute d’exploration, lui avait elle raconté en riant, quand à trois ans le canapé du salon c’est l’Amérique et l’Everest en même temps. Puis il pensa à la cicatrice qu’il allait laisser, lui.

Il faillit renoncer, inventer quelque chose pour justifier ses premiers propos, ce visage qui allait s’éloigner, ce visage qui un jour ne lui rappellerait qu’une epoque etrange ou il n’etait pas encore lui. Mais non, il l’aimait assez pour la laisser partir. Pas assez pour rester.

Il commenca doucement le discours qu il avait préparé, tourné et repété, pour trouver la forme la plus douce, la façon plus délicate de l’accompagner dans la dechirure du lien.

Et, en point final, l’argument infaillible, celui qui ne culpabilise personne, qui ne fait pas passer des nuits les yeux ouverts a bien se demander ce qu’on a pu rater ou ne pas faire : « Je me suis trompé. Je ne suis pas amoureux.Ca ne se controle pas, ces choses la »

Il se sentait comme un médecin qui annonce à un patient que le traitement n’a pas fonctionné, quand on ne sait pas expliquer les causes  » La maladie est revenue. On ne sait pas pourquoi. Parfois ca marche, parfois ca ne marche pas. C’est différent pour chacun ». En fait ce n’était différent pour personne. La douleur, la perte, on savait tous ce que c’était à un age passé. On avait meme appris que parfois, pire que l’injustice de la vie , c’était nous qui la provoquions, à des gens qu’on aimait. Et on apprenait la lente détestation de soi-même. C’était peut être ça, devenir adulte. Comprendre que devant le visage de l’innocence, on pouvait porter le masque de la trahison.

A corps et à creux

Ce ne sont pas les courbes qui m’interessent mais les cicatrices. Ces creux, au corps au coeur,qui singularisent et font signe. Car moi au creux de mon ventre il y a le vide quand je te vois. Et à ce centre infiniment froid je sais en abime qu’une éternité sans toi est possible. Au creux de mon épaule tu cherches une chaleur que l’obscurité permet à mes yeux de refuser sans me trahir. Au creux de mes reins tu prends forme d’homme quand je t’invite à oublier le temps qui prend la fuite que suivront mes pas. Et au creux de mon coeur il y a une place qui n’est pas pour toi, promesse prise il y a longtemps déja et que je n’ai jamais affranchie.

 

Le marché aux fleurs

décembre 12, 2009 1 commentaire

C’etait un samedi matin. Elle s’etait levée pour aller au marché. Si on lui avait dit il y a quelques années qu’elle se leverait si tot un we pour sortir dans le froid de janvier pour acheter des denrées qui ne se congelaient pas, elle n’y aurait pas cru.

Les gens changent, songea t elle. On dit toujours qu’on ne change pas, mais si, lentement avec les saisons, doucement,  on trouve de nouveaux réflexes, de nouvelles pensées font leur nid.

Avec le temps. c’est ce qui lui avaient tous dit, avec le temps, les choses changent, les choses s’arrangent. Et comme un mauvais reflexe pris l’année d’avant, qu’aucune resolution de soir de fete n’avait reussi a epargner, elle pensa a lui. c’etait mathematique. Au 3 ou 4 eme degré de reflexion de chaque chose, elle pensait a lui. Comme si tout l’attachait, comme un chien a la laisse lache qui se fait rattraper au moment ou il croit enfin sortir de l’enclos, gouter la liberté.

Habille  toi, avec le temps, tu verras. Elle ne se maquilla pas, apres tout, elle ne voulait pas plaire aux vieux du quartier. Elle ne voulait plaire a personne en fait, mais ca elle le cachait. Elle ne se masquait pas pour etre plus belle, elle le faisait pour que les autres ne voient pas qu’elle n’en avait pas envie. C’etait ca, sa vie. Elle vivait en miroir, contre quelque chose; Elle ne construisait plus, elle tentait juste de garder l’equilibre d’avant. Ca l’epuisait, de tenir une vie normale. Il aurait ete tellement bon de se laisser aller, dormir, rester dans son lit, le silence, juste la pluie dehors. Dormir jusqu’a l’été, que ce fameux temps passe sans qu’elle s’en rende compte. De toute facon , elle vivait deja les yeux fermés.

Ses yeux , elle les rencontra dans le miroir, au moment d’arranger un peu ses cheveux. Tenir, tenir, tenir. Cacher. Les fous ont toujours l’air décoiffés, arreter de se peigner doit etre le debut de quelque chose de grave. Elle se dit qu elle ne regarderait plus les gens negligés de la meme facon. Peut etre eux ainsi avaient la force de crier silencieusement leur chagrin. Regardez moi je me nie, regardez moi je n’existe pas. Regardez moi! Regardez moi. jJ n’existe plus mais regardez moi quand meme encore un peu, que je ne sois pas si seule tout le temps.

Les boucles brunes se rebellaient. Il serait temps d’aller chez le coiffeur, peut etre au retour du marché. Aller au marché. ca lui avait toujours semblé une affaire de grandes personnes. A quel moment elle etait devenue adulte ? Elle n’en avait pas le souvenir. On fete toujours une date imprimée, mais on ne se souvient pas des moments ou l’on a pris des années.

Elle enfila sa doudoune. Ses baskets. Son bonnet, ca cacherait un peu le desastre.

« Pourquoi tu ne portes que du noir », on lui demandait. « Parce que je trouve ca joli. C’est indemodable. Ca va avec tout ». Et puis surtout, dans tout ce noir je me sens invisible . Fondue. Protégée. Plus forte. Libre. presque libre.

« Pourquoi tu t’habilles comme ca » . Elle avait envie de repondre qu’elle , elle ne posait pas ce genre de questions aux gens. Qu’elle les laissait tranquilles, les gens. Laissez moi tranquille, laissez moi tranquille.  Alors le plus sur chemin de la tranquilité. Elle s’entendait mentir, « C’est plus confortable. »

Oui, c etait plus confortable de ne pas attirer les regards. J’existe. Je n’existe pas. Elle avait pourtant deja existé, bas, talons, decolleté. Mais il y avait une main dans la sienne, rassurante, qui lui disait par la pression constante : je suis la , je suis avec toi, tu existes puisque j’existe. On existe. Plus de On. Plus d’existe. Plus d’apparat. Toute seule, elle ne voulait pas qu’on la regarde. Avant , elle ne voulait les regards que pour qu’il ait peur qu’elle puisse lui echapper, un jour. Comme si elle avait eu a un seul moment l’envie de fuir. Fuir vers ou, vers quoi. Vers qui. Si elle avait fuit elle se serait peut etre rencontrée. Et ca, elle ne savait pas si elle pouvait se le permettre.

Elle etait deja a la moitié du chemin. Les fleurs, ne surtout pas oublier les fleurs. Les fleurs du marché. Ca sonnait bien, quand on le prononcait a haute voix. Ca evoquait les filles aux joues rouges du siecle dernier, les jupes qui volent, les garcons qui regardent et qui plus tard essaieront de leur voler des baisers . C’est ce qui l’avait motivée a sortir de chez elle, des fleurs, le vase du salon de la maison ou elle était attendue plus tard dans la journée etait trop souvent vide.

Les mains dans les poches, pour se proteger du froid, le regard qui lachait enfin le trottoir, les gens qui s’empressaient autour, c ‘etait le week end mais ca avait toujours l’allure de Paris. Prendre a gauche , le quatrieme etal sur la…

La sonorie abrupte du telephone retentit et elle s’arreta. Elle aimait bien la marchande de fleurs, elle ne voulait pas manquer de parler un peu avec quelqu’un qui aimait son metier, meme dans le froid, meme tot, meme sous un ciel gris, meme si ca ne permettait peut etre pas de vivre « correctement ». Quelqu’un qui aimait ce qu il faisait, ca lui donnait toujours envie de le regarder dans le yeux quand elle lui parlait.

La voix la chargeait d’un message a passer, la voix vivait loin. Non, encore plus loin,  ca en ferait l’absente de cet après midi. Puis les questions d’usage, comment tu vas, la santé, le boulot, les amis. Les amours. « Oh , rien a declarer, si un garcon m’a demandé mon numéro hier. On verra. »

Je n’ai pas envie d’en parler, comprend que je n’ai pas envie d’en parler sans que je te le demande .S’il te plait, ne me gache pas les fleurs.

L’hésitation de sa soeur, a l’autre bout du fil. Le choix, tout est une question de choix, et le mauvais. « Des nouvelles de …? »

« Non ». Un mot, un monde. Non.

« Non, je ne l’appellerai pas, non, je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé ». Je n’ai jamais vraiment bien compris de toute facon. L’Incohérent, je l’appelais. Enfin, la pour une fois il etait cohérent, il gardait sa ligne de silence. Il n’avait pas non plus cherché a savoir pourquoi elle avait un jour arreté d’appelé. La réponse, il devait la savoir lui. Il avait du penser qu’elle avait trouvé la sienne. Ou peut etre juste qu’il s’en foutait. Qu’il y avait juste eu un jour ou il avait arreté de penser a elle.

« Non, je ne veux pas le revoir un derniere fois. Non, je pense que je ne le reverrai jamais. Je te rappelle. »

C’est une blague. C’est ca, c’est une blague.

Mais non, c’était pas drole comme coincidence. Ce n’était meme pas son quartier, ce n’était meme pas juste. La, à l’autre bout de l’allée, qui ne l’avait pas vu, l’Incohérent. Son Incohérent. Ce Connard Incohérent, comme elle se rappelait l’avoir renommé sur son portable pour ne pas oublier s’il la rappelait. Sage et inutile précaution. Il ne l’avait pas fait.

Et puis elle vit sa main dans sa main a elle. Grande. Blonde. Belle. Habillée de rouge comme un défi aux couleurs du temps. Sa main qui empechait toute porte de sortie, tout mensonge, tout  » ce n’est peut etre qu’une amie ». Sa main qui lui disait « je suis la , je suis avec toi, tu existes puisque j’existe. On existe. »

Elle sentit comme un tsunami monter en elle, et son corps en automate reculer, s’en aller, refuser le combat comme s’il avait deja compris que meme les fleurs et les vendeuses aux yeux qui brillent ne pourraient plus rien pour elle aujourd’hui.

A treize heure, quand elle sonna a l’interphone, elle s’en voulu d’arriver les mains vides. Et son père se moqua gentiment en évoquant des soirées de fetes folles qui l’auraient faite se coucher tard.

Mentir, c ‘est plus confortable.

« Tu sais,ce n’est pas grave, ton vieux pere n’a besoin de rien. Tu as raison, tu fais bien de t’amuser. Et puis, le week end c’est fait pour se reposer, non ? ».

Se reposer. Elle avait l’impression de ne pas avoir dormi depuis un temps qu’elle ne saurait compter autrement que « longtemps ». Qu’elle venait de prendre des années à cette date particulière. C’était vraiment fini, maintenant elle le savait, de ce savoir du fond du ventre qu’on ne peut nier.

Elle le regarda, elle sourit en allant vers lui et elle s’en voulut d’arriver le coeur vide pour le prendre dans ses bras en lui souhaitant « Bon anniversaire papa. »

Le spectacle doit continuer

décembre 8, 2009 Laisser un commentaire

Elle avait oublié.

Elle était bien, il y avait eu ce moment particulièrement drole, qui la faisait sourire comme lorsqu’elle retrouvait une joie d’enfant, de ses joies qui rendent tout le reste excusable. Elle etait bien, alors elle a oublié.

Toute a son rire, toute a sa bulle fremissante, elle s’est tournée et sa main a voulu saisir l’objet, pour le joindre, pour lui dire, a quel point c’etait drole , que ca allait lui plaire, oui elle savait que ca allait lui plaire. elle l’imaginait avec son sourire si particulier, l’eclat que prenaient ses yeux quand il riait, cet eclat qu’elle aimait voir, cet eclat qu’elle recherchait

Elle avait rarement autant aimé faire rire quelqu’un que lui. C’etait sa facon a elle de gagner son estime , son admiration, sa place, de se justifier, d’etre la , parfois, souvent. Elle le sentait toujours entre deux portes, un courant d’air, elle ne savait jamais si elles allaient s’ouvrir ou se refermer sur elle dans un eclat aussi violent que soudain

Alors, elle essayait de le faire rire, pour que l’eclat qui s’envole ne soit pas celui d’une histoire de maison close. Elle se sentait du courage pour longtemps, d’a chaque fois trouver une nouvelle chose, son defi permanent, se renouveller sans cesse pour ne pas qu’il se lasse. Etre une bouffée d’air frais, la legereté, l’evanescente qui deviendrai essentielle.

Elle la portait en elle , elle avait envie de dire, créons un monde a nous, une aire de jeu, un endroit ou on aurait plus besoin d’etre serieux, responsable et adulte. Un refuge pour de temps en temps, quand les nouvelles ne sont pas bonnes. Et parfois, juste comme un présent, la folie qui part, et le reste qui suit. Simplement. Le faire rire, le rendre heureux, pour un moment. Parce qu’il la faisait rire aussi. Parce qu’il la rendait heureuse. Et elle passait sur le « pas assez souvent »  dans l’espoir d’avenir plus riant qui aurait plus de moments.

Elle avait trouvé une mission, elle qui se demandait le sens. Elle allait au meilleure d’elle meme, sous son regard.Meme si elle savait que ce n’etait pas la solution, l’autre éphémere par essence, l’autre fuyant en moteur. Bien sur, il y avait les autres « autre », leurs rires, leur joie, leur admiration. Mais elle ne rechauffait pas pareil. Elle faisait plaisir, une pointe, pas un état.

Mais parfois le plaisir se prolongeait, au point de vouloir le faire partager a lui, meme s’il n’etait pas la a ce moment la, meme si initialement ca ne lui appartenait pas. Elle voulait bien etre un relai, jouer aux vases communicants. lui prendre ce qui lui faisait peine , glisser sa main dans ses cheveux , et quand le moment s’apaiserait, peut etre le faire sourire a nouveau avec quelques mots. Ces quelques mots elles les avaient, alors elle s’est tournée pour les donner, naturellement, sans reflechir, sa main s’est approchée. Avant de repartir.

Elle avait oublié. Qu’un jour elle avait décidé de ne plus faire ce geste. A la fin, il ne lui donnait plus beaucoup envie de rire avec lui. A force d’essayer de ne plus y penser, elle avait oublié pourquoi il n’etait plus dans sa vie.  Et revenaient dans un geste les raisons de la mémoire. Il n’y aurait plus son rire, il n’y aurait pas sa voix. Comment dire au public que l’envie de jouer se teintait d’amer sans spectateur particulier ?

Puis son telephone a emis la sonnerie des messages écrits et elle a regardé le nom. Un autre autre. Elle se demanda si elle avait envie de le faire sourire plus que de raison. Oui. Peut etre. Oui. Peut-etre pas de la meme facon.

But the show must go on.

Jouer sans filet

octobre 23, 2009 1 commentaire

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Elle est la, comme celle que tu n’attendais pas et que tu essaies de comprendre. Si tu cherches une réponse à  elle, sache que jamais elle ne te la donnera entière, meme si elle la connaissait. Elle ne sait que poser des enigmes et des pieges et n’a  jamais dit que son chemin etait un lit de fleurs sages. Si elle te donne des clés faciles, méfie toi des portes qu’elles ouvrent et vers ou elles t’entrainent. Un drole de labyrinthe qui porte en son sein tout ce qu’elle pourrait donner. Y compris la morsure du serpent.  Il n’y a pas d’aventures sans monstruosité. Dans toutes les histoires il y a la cruauté et un prix à payer, avant la fin au bonheur incertain.

Il ne faut rien promettre quand entrent dans l’arene l’humain, l’humeur et l’heure. Dans l’obscurité, les paroles sont douces mais l’envie de tuer voit le jour au soleil. On n’image pas  une corrida sous la pluie ou la nuit. On acheve habillé de lumière pour ne pas manquer cet éclat dans les yeux qui reflete la lame et  le sourire qui part en meme temps que le coup. Pourtant, elle n’aime pas faire du mal. Ca ne la dérange pas non plus. De la  douceur, mais pas de la pitié. Rappeler que rien n’est jamais facile est un service qu’elle se plait à rendre, en annoncant les couleurs complexes dont il faudra tirer l’harmonie pour donner envie d’equisser quelques pas.

Et quand le son de l’ailleurs l’appelle, tu veux la retenir, ne mets pas ces talons ils allongent tes jambes, ne mets pas cette robe on va te regarder. Et tu as des fantasmes de bas que l’on déchire quand elle parait lointaine à l’allure capricieuse.  Elle voit la vie comme une ballerine, tu ne voudrais quand meme pas l’empecher de danser. La mettre en prison, l’empecher de voler. Ce ne serait pas possible, ses ailes dans le dos n’ont rien d’adorable, de docile ou divin. Elles servent à se laisser porter dans la rumeur naissante, lorsque la nuit éclot comme une fleur à séduire.

Alors tu parles de toutes  ces lumieres qui brulent les imprudentes, de serres artificielles aux plantes qui dévorent. Comme on raconte les histoires de loups aux enfants audacieux dont on craint les bêtises. Pour mieux la faire entrer dans la cage dorée que tu as préparée avec amour. Mais elle ne connait que trop le filet que tu tisses,  il fut un temps elle  aussi avait sa collection. Range épingles, aiguilles et pointes aiguisés, elle seule choisira si elle veut s’attacher. Ou de dénouer les liens subtils qui vous unissent. Et je vois dans tes yeux que tu ne  comprends pas, et que cela t’inquiete comme cela t’excite.

Il te faut renoncer à percer le mystere, il n’est pas nécessaire de savoir  pour aimer. Juste prendre ce qui est et les gens comme ils sont, dans le flou indomptable de leur ambivalence. Et  tenter l’expérience en se laissant se perdre dans la douce et amère élégance du hasard.