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Archive for the ‘I'll never have you again under my silk’ Category

Les mots me manquent

mars 1, 2011 3 commentaires

Trois mots. Je sais ce que vous pensez, mais non, ce ne sont pas ces trois mots la. Ils portent en eux moins de joie. Trois mots. Pas un de plus. Un indice ? Ils peuvent fuser dans la gorge quand on tente d’éteindre un souvenir, pour ne pas qu’il attire la mélancolie avide d’éclairs doux-amers. On les retient comme on retient un coup, la violence et l’aveu ne sont pas des réponses. Ils succombent en chemin comme des réfugiés sur une route trop longue avant la délivrance. Pauvre mot orphelin, qui voit  mourir sous sa langue tout les siens et ceux qui lui ressemblent. Personne pour accueillir, personne pour consoler d’être venu au monde quand raison et fierté se sont alliées en guerre. Combien de mots ainsi assassinés sous la loi du silence et au nom du secret?

Ces mots sont condamnés, peine à perpétuité: être écrits à demi sans être jamais nommés. La grande douleur d’être muet. L’horreur de se taire.  Mais trois mots, c’est plus que je ne peux étreindre. Même un serait déjà de l’indécence. Alors ces mots me manquent de n’avoir existé. Mais je n’ai rien à déclarer à ton absence.

A la frontière

février 22, 2011 2 commentaires

Nous quittons cet état pour d’autres horizons, il n’y a pas de raison pour que dans cette région le soleil ne se lève. Meme si la tristesse noie d’un peu de sombre, il y aura un matin qui reveillera celle qui chasse l’ombre. Je pourrai t’appeler sans que l’eau ne se trouble, je pourrai te voir sans regarder le sol pour éviter tes yeux.

Même si ca prend du temps, les sentiments qui dansent hésitants dans une valse lente ont cessé de tourner. Les choses sont à leur place désormais. Mais ce n’est pas fini. Nous avons juste mis de la distance entre nos peaux. Quand ce sera « bientôt » nous rirons à nouveau de ce tout ce qu’on partage, la folie, la différence, la peur de devenir autre qui fait courir les yeux fermés sans savoir ou aller, poings serrés impuissants à force d’ignorance.

Non, nous ne nous sommes pas perdus, mais ce chemin a égaré le droit de nous toucher.  Nous sommes à la lisière entre l’avant et l’après, ni résidants ni étrangers. Un no man’s land que l’absence surveille, avant que l’exil n’ouvre ses frontières à ceux qui changent de pays.

– « Tu viendras me voir , dis, tu me rendras visite ? ».  Tu réponds oui, et meme loin je sais que tu souris. Mais ce droit de séjour ne sera qu’éphémère, comme pour ces voyageurs dont la terre est ailleurs, en guerre contre l’oubli.

Fabula rasa

Je crois que si je dois choisir

Je préfère prendre les souvenirs

Que nous n’aurons jamais

En rédempteurs de ceux que j’ai

Pour relever ce que j’en garde

Fable qui délivrerait l’écharde.

Fuck You Shoes

février 5, 2010 1 commentaire

 

 

 

Je ne saurai dire si chaque jour qui passe

Est un pas qui m’envoie vers d’autres sentiers

Ou s’il me rapproche de celui ou je recroiserai

Les chemins plus que le fer.

Pour cette fois l’entendre me souhaiter

« Adieu » et « Bonne route » même si séparées

Par certains enfers . Partir sans plus me retourner

L’assurance en lacets aux talons attachée

Dans le sable effaçant les traces

De mystère sur son passage.

 

 

Au réveil

octobre 8, 2009 Laisser un commentaire

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Il y a un moment au réveil on l’on reste entre ombre et lumière, entre nuit et jour, quand les rayons répandent la guerre aux étoiles. On ne sait plus qui on est, on a une nouvelle fois oublié ce qui nous faisait hier encore veiller tard sans trouver le repos. Il y a dans l’oubli du sommeil une paix cruelle et cynique, une paix non éternelle, suspendue, limitée, une bulle que l’on sait crever et mourir des qu’on ouvrira les yeux sur elle.

Il y a un moment au réveil, un espace, un temps infiniment court, ou l’on ne sait plus ou on est, et s’il y a encore un chemin pour en sortir. On se trouve sur un territoire abstrait, dans l’obscurité perdue et en un éclat le rayon du réveil nous montre le chemin de l’issue. Et cette hésitation intime, cette incertitude clandestine, qui susurre de rester impassible loin du tapage diurne et de la rumeur naissante. Pas de miroir et pas de reflet, pas d’identité et pas de carte pour savoir ou l’on est. Un monde dans le monde, un monde hors de la réalité des autres qui le peuplent.Un monde obscur, un monde en clair de lune, un monde sans étoiles et sans star d’un jour, sans passants immobiles, sans spectateurs absents, sans lecteurs volages.

Il y a un moment au réveil , quand le jour s’introduit sans y être invité , quand l’heure a sonné le temps d’une nouvelle ère, ou l’on voudrai voler encore un peu de temps. Juste lui arracher quelques instants supplémentaires, entre ciel et terre, un jardin suspendu, un espace de quiétude, un berceau de lumière. L’enfance n’est jamais plus présente que lorsqu’on ouvre les yeux dans un lit froid. Lorsqu’on prend une inspiration, l’air se trouble et l’onde oscille, les yeux mi clos, sortir la tête hors de la chaleur rassurante et reprendre conscience des sons et des couleurs.  Le voile s’évapore, le flou s’estompe, lente et inexorable certitude. Celle qui nous murmure doucement que les lèvres de maman ne viendront pas nous donner le courage d’émerger  dans  l’aurore abyssale avec l’assurance d’être aimé.

Il y a un moment au réveil qui ramène au réel. Mais entre les deux, il y a le temps ou je prends conscience que tu es la. Je ne réfléchis pas, je ne sais pas quelle heure, à quel endroit et pourquoi se battent le jour et la nuit, et les hommes dehors. Je ne sais pas vraiment ou je suis et ou est mon chemin par rapport au tien. Je sais juste que je franchirai la frontière absurde entre nos mondes pour m’approcher de toi. Et qu’a ce moment précis, en seule évidence dans ce lieu sans importance et sans nom, sans savoir qui je suis et ce que tu ressens, avant de songer à sortir, avant de faire semblant, avant d’être sensée, il y a ce moment au réveil ou il y a toi. Et en ce moment, c’est celui que je préfère.

Pour tout le reste, il y a…

octobre 5, 2009 Laisser un commentaire

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Je ne garde pas grand chose de toi.

Quelques lettres immatérielles, des souvenirs qui se feront plus sages avec le temps, des sons dont les notes quittent la partition des idées qui jouent a la pelote , et peut être quelque part sur un bout de tissu les poils récalcitrants d’un chat qui n’est pas le mien.

Je ne garde pas grand chose de toi.

J’ai déja perdu ton odeur, je ne sais pas si je saurai la reconnaitre si je te croisais dans l’obscurité d’une foule, tu vois je te connais si peu que je ne sais meme pas le nom de ton parfum.

Je ne garde pas grand chose de toi.

Un nom sur une liste virtuelle, des chiffres de telephone, des codes de maison, une suite de lettre et de nombres qui manquent de sens s’ils ne servent plus a rien.

Je ne garde pas grand chose de toi.

Prendre aurait été mensonge, on ne négocie pas le prix de sa fierté , on achete les choses mais  ni le temps ni les gens.  On se donne juste, sans échange.

Je ne garde pas grand chose de toi.

Non, ce n’est pas grand, ce petit quelque chose, ce presque rien qui ne part pas. Et qui me fera un jour revenir rendre ce qu’on ne vole pas.

L’autre fois

septembre 28, 2009 Laisser un commentaire

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Il y a la première fois avec un autre, quand cette histoire différente est devenue ancienne. Quand un corps que l’on n’imaginait pas épouser d’autres formes se fait témoin de ce qui ne sera plus.

Cette fois la, on ne s’attache pas à une personne. On se détache de l autre.
Quand la mémoire de la peau s’imprime d’une réalité nouvelle : la fin d’un monde. Parce que l’odeur que l’on porte n’est plus la familière et le grain sous la main semble si singulier. La voix qui nous parle n’a pas l’inflexion de la voix chère qui s’est tue. Et les mots qu’on lui tend ont un gout interdit d’expérience inédite.

Il y a ce que nous savons, mais ce que nous savons peut être mensonge. Le corps lui ne ment pas. Et on ne croit que ce qu’on voit. La vérité s’éprouve. Parfois, on ne saisit vraiment que parce que le et les sens sont différents.
Ce n’est pas fini parce que nous l’avons dit, c’est fini parce que nous l’avons fait.