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Archive for the ‘J'aime mettre des jeux de mots foireux dans mes titres’ Category

L’infamilière

mai 20, 2012 1 commentaire

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Je te parle parce que j’ai peur du vide

Parler comme on contrôle, tour de passe-passe ou se cacher

Silence est nudité et que veux-tu, je suis pudique

C’est une vieille habitude de construire des barrières, des syllabes boucliers,

Des mots à débiter, des vies en boucles anciennes encerclées de fossés

On ne se laisse pas si facilement connaitre,

Mais le son de ta voix répondant à la mienne

M’appelle comme un lieu à l’accent familier

Ou tu m’inviterais toujours plus près de toi

 

Je te parle parce que j’ai peur du noir

Tu me regardes amante, et tout mon sang s’arrête pour partir dans ton sens

Nul ne sait mieux que toi ce qui me ronge et manque, qui avant m’habitait

C’est que tu l’as volée, l’indifférence,

Quand je t’ai invitée dans cette nuit prise de vitesse

Mon ogresse d’orage, avide de partage je te donnais ma vie

Et toi tu voulais plus

Tu veux l’éternité d’être de passage, tu me prends mes pensées

Tu t’immisces dans mes mots, tu es le corps de ce texte.

Tu ne crois qu’à ce qui reste, ce qui laisse des traces

La mémoire est un rêve et les rêves, dis-tu, c’est pour les enfants

Et tu ris, tu ris d’un rire insatiable qui mord la vie

Et réveille mon monde en dévorant la nuit.

 

(work in progress)

La couleur acre

janvier 25, 2012 3 commentaires

Je sens la peur qui te dévore  comme une rivale avide.

Si tu la combattais au lieu de t’y blottir, je saurais la dresser

Laisse moi tenir la laisse de ta folie. Elle a l’air sage ce soir quand je la promène.

– Tu crois qu’elle m’aime ? – Mais oui, toutes les chiennes aiment leurs chaines.

Je te vois compter les jours avant l’automne et les minutes du premier moment

Ou tu m’oublieras après mon départ. Et c’est de plus en plus court,

Le jour se rapproche ou nous perdrons racine. Tout s’envole mon amour

Comme ton rire qui éclate, celui qui semble appeler à l’aide.

Qui comme tout de toi arrive à m’émouvoir, aventurière de mon rêve familier

Au décor couleur ocre, au gout salé  jusque dans les veines.

Le crépis blesse la main qui s’attarde et trop de sel peut tuer.

Fais attention mon amour à l’été meurtrier qui attaque nos terres.

Tu t’assieds en ouvrant des cils et des rivières

Et tu te baignes dans le son de mes voeux qui t’appellent.

Je te parle du temps ou tu perdais tes repères pour me suivre sans résistance.

Nonchalante, les  choses sans importance coulaient sur toi.

Pendant que je courais après la prétention timide de mes espérances,

Tu entrais dans la chance, tu vivais en différence des autres

Qui adorent des rats demi-dieux et prient la peur de lâcher son emprise,

Ces proies prises et soumises aux ordres d’ordinateurs.

Mais ce soir,déchantant doucement des contines, tu tends la main pour éteindre

La veilleuse qui brulait dans tes rêves. Pourquoi se vouloir amoureuse,

Si  les danseuses en coquelicots naissent pour décliner sur la terre courbée.

Par crainte des extrémités,tu t’évades errante te mettre à l’abri de la vie.

Un sourire feint  montre son ombre entre ces mondes ou je voudrais me perdre.

Tes lèvres bleues sous des yeux rouges comme un soleil qui meurt,

Sombrant de sa brûlure parce qu’il a trop brillé. C’est l’apocalypse et le voile

Est levé. Oui, je sais que tu viens pour fuir, mais même si ça nous déchire,

Une dernière fois rejoins moi cette nuit (après tu pourras partir)

Pour faire ce qu’on murmure, me faire dire ces mots

Qui n’ont pas plus de sens que ta vie, que ma vie, que la vie.

Ma belle orangère

septembre 12, 2011 2 commentaires


Mon amour a des yeux comme le blé en herbe,

Et des gestes saccadés quand elle s’anime.

Calme ton ame mon enfant ,

Les coccinelles n’offrent pas toujours leur chance.

Toi tu ris trop fort, tu vas les faire fuir.

Tu danses et tourbillonnes

Comme si la vie naissait à chaque mouvement,

Les mains vers le ciel, les mains vers la terre,

Les mains vers toi, les mains vers moi

Et l’émerveillement prend mes distances

J’aime ce mélange en toi, violence en élégance,

Ta cruauté de louve dorée, oh j’adore te voir te regarder

En jouant de tes griffes entre lesquelles je suis tombé

Amoureux quand j’ai fermé les yeux

Pour te dévorer jusqu’à ce que tu cries mon nom

Tu cours pour arriver plus vite près de moi

Et tu dis que c’est pour éviter l’orage qui se prépare.

Comme je t’aime aussi, je fais semblant de te croire,

Ou peut-être parce que tes lèvres ont gardé

Le gout du fruit et que rien ne saurait m’en distraire,

Pour elles je dirais oui à toute ta fierté.

Le ciel va se noyer, tu as une orange à la main.

Je n’avais jamais compris ce qu’était la perfection

Jusqu’à cet instant.

Tu as un grain (Qds3)

juillet 6, 2011 1 commentaire

Hier Sérénité, j’ai eu une étrange discussion avec un grain de sable. Je l’ai trouvé dans ma valise, en cherchant un souvenir qui avait disparu. Il me semblait bien seul, loin de sa mer natale.

– Comment es tu arrivé la,  je lui ai demandé, tu as fait un bien long voyage pour te retrouver enfermé.

– Je voulais voir le monde dont le vent me parlait.

– et tu as vu le monde ?

– oh oui, j’ai vu le monde, j’ai vu des chemins plein de gens, des visages de salles d’attentes, des sourires qui cachaient des adieux. Et au bout, il y a eu cette chambre

– Et tu penses que c’était ça le monde ? Mais tu n’as rien vu, tu n’es que dans l’anti chambre de ton espoir. Et cela fait des mois que tu es immobile.

– Le temps ne se compte pas comme ça, j ’ai déjà vu bien plus que ceux restés la bas

– Et ça t’a rendu plus heureux ?

– Ca je ne sais pas, mais ça m’a rendu différent. Je veux dire, différent d’avant, pas différent des autres. Je sais bien que pour vous, tous les grains de sable se ressemblent, mais même si elle n’était pas bien grande, j’ai toujours senti la distance entre les autres et moi. Si vous pouviez le voir, vous sauriez que je n’étais pas fait des mêmes rêves.

– Et maintenant, que vas-tu faire ? Tu ne voudrais pas rentrer, retourner d’où tu viens ?

– Oh, c’est un chemin sans retour. Parce que je ne sais pas vraiment d’où je viens. Et si je réfléchis bien, je crois qu’on vient de nulle part, ce qu’on appelle chez soi c’est un nom du hasard. Alors, si je viens de rien, je peux venir de partout, je serai toujours un peu chez moi ou que je sois. Même la ou je ne connais pas, il y aura toujours une chance originelle. Il y a ce que j’aurai pu aimer et que je peux encore apprendre. Et je suis aussi parti pour ça, parce que le soleil me disait qu’il brillait par amour pour la nuit, et la bas je ne savais pas ce que ça voulait dire. Quand je lui ai demandé, il m’a dit que j’étais encore trop petit pour comprendre. Alors j’ai demandé comment grandir, il m’a répondu que c’est dans les rencontres que se trouve un des fruits de la connaissance, une denrée rare qui permet de se dévelloper. Et puis, je t’ai rencontrée. Alors je t’ai suivie, pour comprendre ce que c’était qu’aimer.

– Mais il y avait plein de gens. Pourquoi tu as choisi de me suivre moi ?

– Il y avait aussi quelque chose de différent chez toi. Un drôle de regard que tu portais sur ce qui t’entourait, une drôle de façon d’appréhender le monde, comme s’il se posait sans cesse sur tes épaules avant de s’envoler de nouveau hors de ta portée. Il parait qu’on reconnait l’amour quand on le voit, son maitre quand on le trouve, le hasard quand il fait bien les choses. Je t’ai reconnue, même si à ce moment-là je ne savais pas encore dire pourquoi.

– Mais tu n’as pas été déçu ? Je ne t’avais jamais vu jusqu’à aujourd’hui.

– As tu besoin de me voir pour m’enseigner ? Je t’ai vue vivre, je t’ai vue te poser des milliers de questions, je t ai même vue répondre à quelques unes et la joie qui t’animait alors. Je t’ai vue prête à te rendre et à abandonner et encore reprendre, te mettre à courir sur le fil, arrêter, hésiter, vaciller, chercher ton souffle après les coups, et t’endurcir, sans cesser d’être tendre. J’aime ta fragilité cerclée de fer et la peur que tu portes en armure. Je t’ai vue la laisser de plus en plus accrochée sur le mur, même longtemps après l’heure du réveil. Je te connais bien plus que tu ne pourrais le croire. Et parfois, il m’arrive même de te comprendre. Je sais ce que c’est de vouloir être heureux en restant qui on est.

– Mais moi, je ne t’ai pas choisi du tout. Ca ne te dérange pas ?

– C’est vrai, tu ne m’as pas élu au premier regard, mais aujourd’hui tu as choisi de me voir et moi je ne t’ai pas préférée par hasard. Dis-moi, combien de gens sauraient voir et desceller une histoire dans un seul grain de sable? Tu le portais en évidence, comme une singulière élégance à qui sait le remarquer. Je t’ai choisie, parce que tu as la force de ceux qui entrent en résistance et refusent de rendre l’innocence que l’enfance leur avait prêté.

La fleur aux dents (Qds2)

mai 24, 2011 3 commentaires

– Tu arrives trop tard. Je t’ai attendu, non, je t’ai cherché pendant des années. Tu n’étais jamais lui, tu n’étais jamais la. Je suis fatiguée désormais, j’ai trop marché, je n’ai plus la force d’y croire.

– Trop tard? Comment peux tu dire qu’il est trop tard. Seuls les morts peuvent comprendre ce que ça signifie, ainsi que ceux qui l’aimaient et pensaient avoir tout le temps de lui dire demain. Avant, ce sont des mots galvaudés.

– J’ai l’impression d’être morte à l’intérieur, qu’il ne m’y m’attend qu’une éternité d’absence de sentiments.

– Tu vois les arbres en hiver? Que te dirait un arbre s’il pouvait parler? Qu’il se sent vide, qu’il se sent dépouillé, qu’il se sent laid face à sa gloire passée. Que ressent un arbre quand il voit ses feuilles tomber à terre et que même son ombre a changé? La nature a aussi ses saisons de désespoir. Mais ce n’est pas parce que l’arbre est nu qu’il se considère mort. Va-t-il dire au printemps qu’il est trop tard désormais, qu’il a eu froid sous la neige, qu’il a eu peur tout seul ? L’attente fait partie de la vie, c’est l’hiver qu’il fait beau de croire aux fleurs. Il n’est jamais trop tard pour fleurir. Il n’est jamais trop tard pour aimer.

Y a pas un chat (QdS1)

avril 27, 2011 7 commentaires

1er texte de la série : Question de Sérénité (QdS)

Quelque part sur la terre pleine de monde, l’absence paisible reposant à ses côtés, Sérénité un soir ne trouve pas le sommeil et réclame des histoires à dormir debout.

– Je ne connais que des contes qui se terminent par une grimace, pleure-t-elle et j’ai personne a qui dire que j’arrive pas à dormir.

– Tu n’as qu’à compter les moutons au lieu de compter les soucis.

– Les moutons sous le lit ? Non, ça me fait tousser, et ils sont pas jolis

– Pas ceux la, fillette, les moutons comme on voit dans les prés.

– J’ai jamais vu de mouton dans un pré. Je sais meme pas si ça existe vraiment en vrai. J’ai déja vu des vaches par contre. Pourquoi on ne compte pas les vaches?

– Tu te poses trop de questions. C’est pour ça que tu n’arrives pas à dormir.

– Et si je comptais les questions ?

-Non, tu ne comptes rien du tout. Tu dors , et tu oublies les moutons, les veaux, les vaches et les questions.

– Tu me dessinerais un mouton?

– Ah, tu vois que tu connais des contes qui ne sont pas cruels

– Non. Le petit prince, il quitte sa rose et le narrateur ne sait pas ce qu’il devient à la fin

– Mais c’est ça la vie. Parfois on quitte les gens qu’on aime. Parce qu’on a besoin de grandir sans eux. On ne sait jamais si on fait les bons choix. Ni ce qu’on sera à la fin.

– Et tu veux que je dorme après ça ?

– Ecoute, je veux bien te faire un dessin si ça te fait plaisir, mais je sais pas dessiner, alors je ne suis pas sure que ça te rassure sur la beauté tranquille des choses.

–  Mais qu’est ce que tu peux faire alors?

– je sais raconter des histoires. Et je te promets, celle la, elle se finira bien. Je vais te parler de la lune pleine qui met au monde un chat.

– Un chat ?

– Oui, un chat qui s’appelle Sérénité.

– Comme moi?

– Oui, comme toi. Sérénité est né de la lune et de l’équilibre. Et la nuit  il a besoin de beaucoup, beaucoup de sommeil, car il est tout petit et encore très fragile. Alors sa maman veille sur lui dès la tombée du jour, pour qu’il ne lui arrive rien. Et son papa essaie de lui montrer le chemin à suivre du matin au soir, pour qu’ils ne se perdent pas.

Sérénité sourit, apaisée, fermant les yeux sur l’absence et la terre pleine de monde que plus jamais elle ne connaitra. La terre qui fait sa ronde, mais qui ne berce pas.

Les mots me manquent

mars 1, 2011 3 commentaires

Trois mots. Je sais ce que vous pensez, mais non, ce ne sont pas ces trois mots la. Ils portent en eux moins de joie. Trois mots. Pas un de plus. Un indice ? Ils peuvent fuser dans la gorge quand on tente d’éteindre un souvenir, pour ne pas qu’il attire la mélancolie avide d’éclairs doux-amers. On les retient comme on retient un coup, la violence et l’aveu ne sont pas des réponses. Ils succombent en chemin comme des réfugiés sur une route trop longue avant la délivrance. Pauvre mot orphelin, qui voit  mourir sous sa langue tout les siens et ceux qui lui ressemblent. Personne pour accueillir, personne pour consoler d’être venu au monde quand raison et fierté se sont alliées en guerre. Combien de mots ainsi assassinés sous la loi du silence et au nom du secret?

Ces mots sont condamnés, peine à perpétuité: être écrits à demi sans être jamais nommés. La grande douleur d’être muet. L’horreur de se taire.  Mais trois mots, c’est plus que je ne peux étreindre. Même un serait déjà de l’indécence. Alors ces mots me manquent de n’avoir existé. Mais je n’ai rien à déclarer à ton absence.