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Archive for the ‘Textes, poésies et pattes de papillon’ Category

La couleur acre

janvier 25, 2012 3 commentaires

Je sens la peur qui te dévore  comme une rivale avide.

Si tu la combattais au lieu de t’y blottir, je saurais la dresser

Laisse moi tenir la laisse de ta folie. Elle a l’air sage ce soir quand je la promène.

– Tu crois qu’elle m’aime ? – Mais oui, toutes les chiennes aiment leurs chaines.

Je te vois compter les jours avant l’automne et les minutes du premier moment

Ou tu m’oublieras après mon départ. Et c’est de plus en plus court,

Le jour se rapproche ou nous perdrons racine. Tout s’envole mon amour

Comme ton rire qui éclate, celui qui semble appeler à l’aide.

Qui comme tout de toi arrive à m’émouvoir, aventurière de mon rêve familier

Au décor couleur ocre, au gout salé  jusque dans les veines.

Le crépis blesse la main qui s’attarde et trop de sel peut tuer.

Fais attention mon amour à l’été meurtrier qui attaque nos terres.

Tu t’assieds en ouvrant des cils et des rivières

Et tu te baignes dans le son de mes voeux qui t’appellent.

Je te parle du temps ou tu perdais tes repères pour me suivre sans résistance.

Nonchalante, les  choses sans importance coulaient sur toi.

Pendant que je courais après la prétention timide de mes espérances,

Tu entrais dans la chance, tu vivais en différence des autres

Qui adorent des rats demi-dieux et prient la peur de lâcher son emprise,

Ces proies prises et soumises aux ordres d’ordinateurs.

Mais ce soir,déchantant doucement des contines, tu tends la main pour éteindre

La veilleuse qui brulait dans tes rêves. Pourquoi se vouloir amoureuse,

Si  les danseuses en coquelicots naissent pour décliner sur la terre courbée.

Par crainte des extrémités,tu t’évades errante te mettre à l’abri de la vie.

Un sourire feint  montre son ombre entre ces mondes ou je voudrais me perdre.

Tes lèvres bleues sous des yeux rouges comme un soleil qui meurt,

Sombrant de sa brûlure parce qu’il a trop brillé. C’est l’apocalypse et le voile

Est levé. Oui, je sais que tu viens pour fuir, mais même si ça nous déchire,

Une dernière fois rejoins moi cette nuit (après tu pourras partir)

Pour faire ce qu’on murmure, me faire dire ces mots

Qui n’ont pas plus de sens que ta vie, que ma vie, que la vie.

Ma belle orangère

septembre 12, 2011 2 commentaires


Mon amour a des yeux comme le blé en herbe,

Et des gestes saccadés quand elle s’anime.

Calme ton ame mon enfant ,

Les coccinelles n’offrent pas toujours leur chance.

Toi tu ris trop fort, tu vas les faire fuir.

Tu danses et tourbillonnes

Comme si la vie naissait à chaque mouvement,

Les mains vers le ciel, les mains vers la terre,

Les mains vers toi, les mains vers moi

Et l’émerveillement prend mes distances

J’aime ce mélange en toi, violence en élégance,

Ta cruauté de louve dorée, oh j’adore te voir te regarder

En jouant de tes griffes entre lesquelles je suis tombé

Amoureux quand j’ai fermé les yeux

Pour te dévorer jusqu’à ce que tu cries mon nom

Tu cours pour arriver plus vite près de moi

Et tu dis que c’est pour éviter l’orage qui se prépare.

Comme je t’aime aussi, je fais semblant de te croire,

Ou peut-être parce que tes lèvres ont gardé

Le gout du fruit et que rien ne saurait m’en distraire,

Pour elles je dirais oui à toute ta fierté.

Le ciel va se noyer, tu as une orange à la main.

Je n’avais jamais compris ce qu’était la perfection

Jusqu’à cet instant.

l’attaque du masque

 

 

Aujourd’hui,rien que chercher mon masque social souriant pour sortir et tenir mes promesses me désarme l’ame d’avance

Le voeu de silence

Un battement de paupières et un cil se détache sur la joue familière.Fais un voeu mais ne me le dis pas. Ce que je préfère c’est ce mystère en toi, tout ce que je ne saurai jamais saisir mais qui est pourtant la, ce monde que seule mon imagination m’offrira. Pas ta voix.

A corps et à creux

Ce ne sont pas les courbes qui m’interessent mais les cicatrices. Ces creux, au corps au coeur,qui singularisent et font signe. Car moi au creux de mon ventre il y a le vide quand je te vois. Et à ce centre infiniment froid je sais en abime qu’une éternité sans toi est possible. Au creux de mon épaule tu cherches une chaleur que l’obscurité permet à mes yeux de refuser sans me trahir. Au creux de mes reins tu prends forme d’homme quand je t’invite à oublier le temps qui prend la fuite que suivront mes pas. Et au creux de mon coeur il y a une place qui n’est pas pour toi, promesse prise il y a longtemps déja et que je n’ai jamais affranchie.

 

Gémellité

mai 10, 2010 2 commentaires

Le pire et le meilleur de moi-meme sont trop liés pour que je puisse n’en choisir qu’un en chemin.Et si extrêmes que la norme est une mode qui ne me va pas. Alors je tisse mon etoffe pour créer un patchwork qui me sied comme un puzzle grandeur nature de personnalités ajustées.

L’auberge espagnole

avril 22, 2010 Laisser un commentaire

Il y a un moment ou notre réalité se soustrait à la réalité et  la différence engendrée sera l’illusion, celle qui ramene quand elle part le regard sur ce qu’on ne voulait pas voir, ne pas trouver dans l’univers qu’on s’etait construit, refuge fragile et friable. Le monde est une illusion, il le porte en essence, mais l’illusion du monde est peut etre plus acceptable que le mensonge d’une seule personne.

Parce que plus qu’une réalité abimée, on perd peu à peu la foi dans ce droit à la différence qu’on espérait.  Cet optimisme puéril, mélé de naiveté, de courage et de volonté de ne pas se rendre. Tous ces efforts pour essayer d’écrire son chemin avec ces scenes qu’on nous impose.Sans savoir une seconde ce qui se passera à la fin.

Peut-être que pour beaucoup gagner, il faut prendre le risque de beaucoup perdre au départ. En esperant que ca paie a l’arrivée. C’est peut-être ça, la foi. Garder des illusions, mais des illusions mobiles, légères, girouettes suivant le sens du vent. On perd une chose pour pouvoir gagner une autre, tout s’equilibre a la fin, même si on pouvait avoir des préférences initiales sur le gain. Il faut apprendre a naviguer entre des illusions nécessaires et désillusions inévitables, comme sur une marée qui monte et redescend dans un mouvement infini.

Le résultat de ces réalités différentes sera ce qu’on choisit de mettre ou d’ôter a l’une ou l’autre pour qu’il soit positif, on gagne au monde ce qu’on y apporte, comme une étrange auberge espagnole de la vie.